LA RACE EN GRANDE BRETAGNE : UNE RACE HERBAGÈRE PAR EXCELLENCE

Stabiliser Cattle Company (SCC), qui s’occupe du développement de la Stabiliser en Angleterre, a été fondé en 1996 par cinq grands producteurs de bœufs de l’Est Yorkshire.  Le programme de reproduction vise à améliorer l’efficacité économique des vaches allaitantes et la production régulière de bœuf de haute qualité gustative issu de systèmes fourragers.

De nombreux éleveurs de vaches allaitantes reconnaissent que l’influence de race laitière dans les populations de vaches de reproduction entrave la rentabilité en raison des coûts de maintenance et de renouvellement élevés et de la réduction de la qualité des carcasses des descendants.

Des stratégies de renouvellement spécifiques doivent être mises en place, lesquelles doivent s’appuyer sur des races bouchères maternelles à la fois durables, performants et permettant de fournir systématiquement des femelles aux bonnes caractéristiques maternelles : faibles coûts de production, facilité de vêlage, puberté précoce et bonne production de lait, tout en maintenant une bonne vigueur hybride.

Il est important de constater que la notion de vaches allaitantes n’est pas la même qu’en France. Les vaches dites “allaitantes” sont majoritairement issues d’un croisement de taureaux de race à viande avec des vaches laitières. Ces femelles allaitantes croisées sont accouplées avec un taureau terminal en race pure viande. Les produits terminaux (mâle ou femelle) sont destinés à la boucherie (la réglementation européenne autorise l’appellation de la viande par la race du taureau terminal).

Actuellement, la race Stabiliser est en plein développement en Grande Bretagne avec 60.000 animaux enregistrés pour 500 éleveurs.

Mieux répondre à la demande de la filière

Actuellement, l’objectif de la filière bovine au Royaume-Uni est de produire des carcasses à moindre coût avec une régularité de qualité de carcasse, en adéquation avec les attentes des consommateurs. La carcasse cible idéale est : 340 kg, Conformation R, Engraissement 3, 4L. A noter que 17% des éleveurs bovins allaitants ne survivront pas sans primes et plus de la moitié auront très certainement des complications financières si rien ne change dans les prochaines années au Royaume-Uni. Malgré cela, il est important de constater que 60% des éleveurs ont la possibilité d’augmenter de manière conséquente leur productivité. Afin de faire progresser les marges en élevages, les choix d’orientations bovines se sont portées sur la réduction des coûts liés à l’alimentation des bovins par l’amélioration de l’efficacité alimentaire, sur la progression de la reproduction et de la fertilité et enfin sur l’amélioration des carcasses et plus particulièrement de la qualité gustatives de la viande bovine. La démarche est double car elle permet à la fois de diminuer les coûts d’élevage et en même temps d’améliorer son produit. C’est pour cela que la SCC a décidé de développer la Stabiliser au Royaume-Uni, afin de faire progresser la filière bovine, par la mise en place d’un système : « Low cost, low labour, good quality ».

 

 

Améliorer les performances d’élevages allaitants

La démarche engendrée par la Stabiliser tend à démontrer que l’optimal de rentabilité n’est pas d’avoir des animaux lourd, mais au contraire d’obtenir des animaux plus petits, avec des coûts moindres et une meilleure efficacité productive. Ainsi le poids de sevrage des veaux à 210 jours en % du poids des vaches ajusté à un état corporel 3 (EC 3) est un bon exemple de choix de sélection du schéma Stabiliser. En effet, le graphique à gauche démontre que le poids du veau représente un % moins important du poids de sa mère, plus le poids de la mère augmente. Ainsi, avec des vaches de 650kg, la croissance des veaux est plus efficace qu’avec des vaches de 800kg vifs. Nous retrouvons ainsi le gabarit de vache que nous connaissions auparavant.

Challenge de la filière bovine britannique

La filière britannique voudrait corriger les effets de la grille EUROPA qui a poussé les éleveurs à utiliser des vaches plus lourdes mais moins productives. Le but serait de compenser la diminution des aides agricoles par une meilleure productivité, car 17% des éleveurs allaitants ne survivront pas sans primes et 50% auront des difficultés financières. Pourtant, 60% des éleveurs ont une marge de progression très significative en termes de productivité, à travers trois axes principaux :

  • Réduire les coûts alimentaires en améliorant l’efficacité alimentaire
  • Améliorer les performances de reproduction (sélection et génétique)
  • Améliorer les qualités gustatives de la viande

Les races économiques et faciles à conduire (type Stabiliser) participeront à l’amélioration de la productivité de la filière bovine en Grande Bretagne.