La race REDYBLACK repose sur un premier noyau d’animaux importé en France du modèle Stabiliser développé notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

De nos jours, la Redyblack possède un standard de race, avec des animaux homogènes et les caractéristiques initiales des différentes races sont bien mixées, avec des générations d’animaux aux caractéristiques semblables (à l’exclusion de la couleur de robe, noire ou rouge, quelques fois avec des taches blanches). De même que d’autres races françaises incorporant des gènes sans corne dans leur schéma de sélection, le modèle de sélection de la Redyblack utilise des croisements d’absorption afin d’améliorer sa diversité génétique, ses performances et bénéficier d’un effet hétérosis.

Un modèle unique en France

La race Redyblack est issue de génétique américaine/anglaise/irlandaise de populations élites Stabiliser, Angus et Simmental. La population Redyblack en France est un noyau ouvert (race en création) composé de 50% de races continentales et 50% de races anglaises dans les origines des animaux, pour assurer le maximum de rentabilité au sevrage. Ce programme démontra le bénéfice notable d’une race composite, comme notamment une amélioration du poids au sevrage de 8% lorsqu’une vache est accouplée avec un taureau d’une race différente. Ainsi, la Redyblack retient de la valeur hybride avec 3 rameaux de races différentes et combine la tendreté, le marbré, et la taille modérée des races britanniques avec les muscles, le lait, et la croissance des races continentales.

Une race composite

Le projet génétique engendré par le développement de la Redyblack amène à de nouvelles approches génétiques et à sortir du cadre traditionnel de sélection en race pure. La Redyblack est une race composite, qui utilise les meilleurs individus d’autres races pour les incorporer dans sa population, afin d’améliorer la diversité génétique. Les autres races incorporées (Angus, Simmental) dans la Redyblack sont conformes au standard de la race. Le principe de la sélection composite est de combiner les individus issus de différentes races, ayant des caractéristiques complémentaires. Ainsi, l’élite de chaque race est incorporée dans la population. Une race composite est une population issue d’un croisement de deux ou plusieurs races, qui est capable de transmettre l’hétérosis/vigueur hybride (« pour un caractère quantitatif,  la supériorité phénotypique d’un individu par rapport à la moyenne des performances de ses parents »)  aux générations futures sans nouveaux croisements, et qui considérée et menée comme une race pure. En France, les éleveurs bovins ont pris l’habitude de travailler avec des races pures par soucis de praticité et de raisons historiques de valorisation de pureté raciale. Pourtant, les avantages du croisement sont connus depuis l’apparition du mulet (1er cas de croisement hybride interspécifique). Deux méthodes existent et sont utilisées afin d’améliorer la génétique d’un animal : la sélection et le croisement. La première correspond à l’amélioration du génome en race pure et est très efficace dans le cas de caractères possédant une héritabilité moyenne à élever (poids, qualité carcasse, production laitière, taux TB et TP). Cependant, le croisement inter-race apporte deux composantes indispensables : l’hétérosis (vigueur hybride) et la complémentarité. En effet, sans apport original de diversité génétique en race pure, la consanguinité impacte certains critères de performance. Il s’ensuit une possible dérive génétique ou dépression.